Aloès

Les Aloès, c’est quoi ?

Le genre Aloe (Aloès) compte environ 150 espèces. Les espèces qui sont considérés comme des plantes médicinales sont l’Aloe vera L. (=Aloe barbadensis Miller) et l’Aloe ferox Miller. Ils sont des plantes à feuilles épaisses et charnues, le plus souvent épineuses sur les bords, réunies en rosette. Les fleurs sont portées par une hampe dressée unique et de coloration jaune pour Aloe vera L. et portées par une hampe ramifiée et de coloration rouge pour Aloe ferox Miler.

Quelles sont les parties utilisées des Aloès ?

On utilise les feuilles des Aloès. Ses feuilles contiennent un gel et un suc qui sont de composition chimique différente et ils présentent des propriétés thérapeutiques différentes. La coupe transversale de la feuille d’Aloe nous permet de différencier entre le gel et le suc.

Coupe transversale d'une feuille d'Aloe
Coupe transversale d’une feuille d’Aloe
  • Le suc d’aloès (appelé aussi latex)  est contenu dans les cellules péricycliques et s’écoule spontanément de la feuille coupé.

Ce suc contient des dérivés 1,8-dihydroxyanthracéniques (15 à 40%) : Hétérosides d’anthrone: C-glucoside de l’aloe-émodol-anthrone : aloïne (= barbaloïne)  et hydroxy-aloïne.

  • Le gel d’aloès (appelé aussi mucilage ou pulpe) est uniquement constitué par le mucilage des cellules polyédriques de la zone centrale. Il obtenu après élimination des tissus les plus externes de la feuille.

Ce gel contient de l’eau (99%), des polysaccharides (mannanes, galactanes, glucomannanes…) et des sucres simples (mannose, glucose, rhamnose…), des acides aminés, lipides (acide arachidonique, acide linoléique, stéroïdes, triglycérides, gibberellin…). Le gel contient aussi des vitamines (A, B1, B2, B6, C et E), des enzymes (alkaline phosphatase, amylase, catalase, lipase…), des minéraux (calcium, phosphore, cuivre, fer, zinc…) et ne renferme pas de dérivés anthracéniques.

Quels sont les bienfaits des Aloès ?

On va distinguer entre les vertus thérapeutiques du suc et du gel. En effet, ces deux parties présentent des activités totalement différentes :

Le suc qui renferme des dérivés anthracéniques est un laxatif stimulant puissant.

Le gel présente des propriétés thérapeutiques controversées tels que l’activité antidiabétique et hypolipémiante et la stimulation de l’immunité.

Autres activités sont confirmées par plusieurs études telles que l’activité anti-inflammatoire du gel d’Aloès. Cette activité est probablement du mannose-6-phosphate par inhibition de la cyclooxygénase.

Le gel d’Aloès montre aussi un effet antioxydant puissant grâce à la présence des polyphénols et des vitamines C et E. L’action anti-oxydante permet au gel de protéger la peau contre les rayons UV et gamma.

Le gel d’Aloès permet l’hydratation de la peau grâce à la présence des polysaccharides. Ces derniers attirent l’eau et permettent d’humecter la peau. A cela on ajoute l’effet stimulent du gel sur les fibroblastes qui produisent le collagène et l’élastine rendent la peau plus douce et plus élastique.

Le gel d’Aloès permet aussi la cicatrisation des plaies : les glucomannanes agissent sur les récepteurs des fibroblastes provoquant l’augmentation de la synthèse du collagène qui va favoriser la cicatrisation des plaies et la régénération de la peau. L’hydratation de la peau joue aussi un rôle favorable dans le processus de cicatrisation.

Pour résumer, le suc d’Aloès est utilisé par voie orale pour le traitement de la constipation, alors que le gel est utilisé en application local comme hydratant dans les préparations cosmétiques telles que les produits hydratants, les crèmes d’après rasage et les baumes pour les lèvres ainsi que le traitement des affections dermatologiques telles que les écorchures, les crevasses, les brûlures superficielles et l’érythème fessier.

Comment utiliser les Aloès ?

Le suc s’écoule spontanément des feuilles coupées. Il est ensuite concentré par ébullition. On obtient une masse brune foncée.

Le suc d’aloès doit être pris en respectant les doses recommandées parce qu’à fortes doses, il peut entrainer des effets toxiques (voir les précautions d’emploi). La dose recommandée pour avoir un effet laxatif est 0,1 g (100 mg). La dose doit être prise la nuit pour avoir une action laxative le lendemain. En effet, les dérivés anthracéniques présents dans ce suc nécessitent un délai de 8 à 12 heures pour montrer une action laxative.

Pour récupérer le gel d’aloès, il faut choisir une feuille charnue. On coupe un morceau de la feuille (près de la base qui est la plus charnue) et on retire les épines. On rince à l’eau puis, à l’aide d’un couteau, on enlève la cuticule et la couche en dessous qui contient le suc et on ne garde que la partie centrale transparente et gélatineuse. C’est le gel d’aloès prêt à l’emploi. Ce gel peut se garder au réfrigérateur jusqu’à une semaine.

On applique ce gel directement sur la peau deux fois par jour pour la maintenir hydratée. Le gel peut être utilisé dans des préparations à usage externe à une concentration supérieur à 0,5% pour avoir un effet hydratant significatif.

Quelles précautions prendre avec les Aloès ?

Il faut respecter les doses du suc d’aloès. En effet, à fortes doses ce suc peut entraîner une faiblesse générale, un ralentissement du pouls et une hypothermie. Le suc possède aussi une action abortive d’où il est contre-indiqué chez la femme enceinte. Il est aussi contre-indiqué chez la femme allaitante car les dérivés anthracéniques passent dans le lait maternel.

Le gel peut être utilisé en toute sécurité sur la peau et les muqueuses. Certains cas d’allergie au gel d’Aloe ont été rapportés : Donc, avant d’appliquer le gel pour la première fois, il faut l’essayer sur une petite surface de la peau et voir s’il n’y a pas des réactions d’allergie cutanée. Il faut aussi s’assurer qu’il n’y a pas des traces du suc qui est irritant pour la peau et les muqueuses.

Références

1- Josias H. Hamman. (2008). Composition and application of Aloe vera leaf gel. Molecules, 13 : 1599-1616.

2- B K Vogler et al. (1999). Aloe vera : a systematic review of its clinical effectivness. Britsh Journal of General Practice, 49 : 823-828.

3- S E Dal’Belo et al. (2006). Moisturising efect of cosmetic formulations containing Aloe vera extract in different concentrations assessed by skin bioengineering techniques. Skin Research Technology, 12 : 241-246.

4- Jean Bruneton. (2009). Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales. Lavoisier. 4ème éd. 1292 pages.

5- Jean Valnet. (1983). Phytothérapie. Maloine. 5ème éd. 942 pages.

 

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