Fumeterre

La fumeterre, c’est quoi ?

La fumeterre (Fumaria officinalis L.) est une plante herbacée annuelle de la famille de Fumariaceae, qui est actuellement classée dans la famille de papaveraceae selon la classification phylogénétique AGP III. Il s’agit d’une plante à tige molle qui ne dépasse pas 50 cm de hauteur. Elle possède des feuilles bi-tripennatiséquées à segments étroits et de couleur vert grisâtre. Les fleurs possèdent une forme tubulaire et une coloration rose violacée et elles sont réunies en grappes. Enfin, le fruit est une silicule indéhiscente un peu plus large que longue, qui renferme une seule graine.

La fumeterre présente une répartition géographique large: On la trouve en Afrique, en Asie tempérée et en Europe, excepté l’extrême nord.

Quelles parties de la fumeterre utiliser ?

La partie utilisée en thérapeutique est la partie aérienne, qui doit être cueillie en période de pleine floraison. La floraison de la fumeterre commence généralement au printemps, en mois d’avril.

La partie aérienne fleurie de la fumeterre se compose essentiellement d’alcaloïdes (jusqu’à 1% de la drogue séchée). L’alcaloïde majoritaire est la protopine, connue aussi sous le nom de fumarine, dont la quantité dans la partie aérienne peut atteindre le 0,13%. Il existe d’autres alcaloïdes tels que les protoberberines (aurotensine, stylopine, N-methylsinactine…) , les spirobenzylisoquinolines (fumaritine, fumaricine et fumariline), les indenobenzazepines (fumaritrididine and fumaritrine) et des traces de benzophenanthridines (sanguinarine et corydamine).

En plus des alcaloïdes, on trouve dans la partie aérienne de la fumeterre des flavonoïdes notamment des hétérosides de quercétine , d’isoquercétine et de rutine et des acides phénols tels que l’acide chlorgénique, l’acide cafféique et l’acide fumarique.

Quels sont les bienfaits de la fumeterre ?

La partie aérienne fleurie de la fumeterre est utilisée en phytothérapie pour son action amphocholérétique (régule la sécrétion de la bile) et cholagogue (facilite l’évacuation de la bile). Ces propriétés font de la fumeterre une plante dépurative importante pour le drainage hépatique. On indique la fumeterre pour le soulagement des troubles digestifs de type dyspepsie, indigestion et flatulence ainsi que la prévention de la formation des calculs biliaires. C’est la protopine, qui est responsable de ces effets grâce à son action spasmolytique sur le sphincter d’Oddi. L’efficacité de la partie aérienne fleurie de la fumeterre pour ces indications a été confirmé par des essais cliniques sur l’Homme.

La fumeterre est aussi indiquée en association avec d’autres plantes médicinales pour le traitement de la migraine. En effet, selon la théorie de l’endobiogénie, les plantes à action dépurative hépatique jouent un rôle important dans la prévention et le traitement de la migraine en prévenant l’élévation simultanée des fonctions parasympathique et alpha sympathique et en prévenant  la saturation en corps gras circulants qui sont des facteurs déclenchants de la migraine.

De même, la fumeterre est souvent indiquée grâce à son action dépurative dans les affection dermatologiques tels que l’eczéma et l’acné.

Comment utiliser la fumeterre ?

La partie aérienne fleurie de la fumeterre est utilisé par voie orale: on prépare une infusion en utilisant 1,5 g de la partie aérienne de fumeterre pour 250 ml d’eau bouillante. Cette tisane peut être administrée jusqu’à 3 fois par jour avant les repas.

Il existe d’autres formes d’utilisation tels que l’extrait sec, utilisé à l’ordre de 250 mg jusqu’à 3 fois par jour et la teinture qu’on peut utiliser à la dose de 1 ml, jusqu’à 3 fois par jour.

Généralement, on utilise la fumeterre pendant une période qui ne dépasse pas les deux semaines.

Quelles précautions prendre avec la fumeterre ?

La fumeterre ne présente pas une toxicité particulière mais son utilisation est contre indiquée en cas d’allergie ou en cas d’une lithiase biliaire avec obstruction. Par manque de données sur sa sécurité d’emploi, on évite d’utiliser la fumeterre chez les enfants, les femmes enceintes et allaitantes.

Références

1- Committee on Herbal Medicinal Products . (2011). Community herbal monograph on Fumaria officinalis L., herba
2- Committee on Herbal Medicinal Products. (2011). Assessment report on Fumaria officinalis L., herba
3- Christian Duraffourd et Jean-Claude Lapraz. (2005). Traité de phytothérapie clinique : endobiogénie et médecine. Elsevier / Mason. 1ère éd. 827 pages.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *