Iridoïdes

Les iridoïdes, c’est quoi ?

Les iridoïdes tirent leur nom de celui de fourmis de genre Iridomirmex à partir desquelles furent isolés des composés impliqués dans le mécanisme de défense de ces insectes : Ces sont les premiers iridoïdes isolés.

Ils sont des monoterpènes (à 10 carbones) caractérisés par une squelette cyclopentalpyranique, désignée par le terme d’iridane. Une rupture de la liaison 7,8 du noyau cyclopentanique conduit a un groupe de composés voisins, liés biogénetiquement aux iridoïdes, nommés les sécoiridoïdes. Ils sont majoritairement sous forme d’hétérosides (génine + partie sucrée). La génine est soit de type iridoïde soit de type sécoiridoïde alors que la partie sucrée est généralement représentée par le glucose.

Iridoïde et Sécoiridoïde
Iridoïde et Sécoiridoïde

Enfin les iridoïdes et les sécoiridoïdes sont des molécules très instables et elles sont responsables de la noircissement de la plante après la récolte.

Quels sont les bienfaits des iridoïdes ?

Les iridoïdes ainsi que les plantes à iridoïdes possèdent plusieurs propriétés biologiques et pharmacologiques. On note l’action sédative de la valériane qui est due aux valépotriates, un groupe de molécules appartenant à la classe des iridoïdes. Les valépotriates agissent sur le métabolisme des neurotransmetteurs GABA.

L’harpagophyton, est une autre plante dont la racine est riche en iridoïdes, qui possède une action anti-inflammatoire. Cette action est due à la diminution de la synthèse des médiateurs inflammatoires (TNFα et interleukines) et l’inhibition des cyclo-oxygénases.

D’autres plantes à iridoïdes tel que l’olivier et plus précisément les feuilles de l’olivier possèdent une action hypotensive grâce à l’oléacine, un sécoiridoïdes non hétérosidique, qui agit probablement en inhibant l’enzyme de conversion de l’angiotensine d’ou la diminution de la tension artérielle.

La gentiane jaune, qui est une plante dont la racine contient jusqu’à 3% de sécoiridoïdes, est considérée comme une plante apéritive qui facilite la digestion. En effet, elle stimule la sécrétion des sucs digestifs notamment le suc gastrique et la bile.

D’autres actions pharmacologiques sont dues aux iridoïdes et aux sécoiridoïdes telle que l’action anticancéreuse de Valeriana jatamansi vis à vis de cancer de poumon et de cancer de prostate. De même les extraits à base de graines de la frêne élevé (Faxinus excelsior) ont montré une action hypoglycémiante qui semble indépendante de la sécrétion d’insuline.

Comment extraire les iridoïdes ?

Les iridoïdes, qui sont majoritairement des molécules sous forme d’hétéroside, sont extraites en utilisant des solvants hydro-alcooliques à titres variables. L’extraction des iridoïdes est très délicate à cause de la nature instable de ces molécules.

Ou on peut trouver les iridoïdes ?

Les iridoïdes sont présents chez certains insectes. Chez les végétaux, ils sont présents exclusivement dans les Angiospermes dicotylédones. On les trouve dans certaines familles botaniques tels que les Gentianaceae, Rubiaceae, Lamiaceae, Oleaceae…

Parmi les plantes les plus riches en iridoïdes, on note :

• Les racines de valéraine (Valeriana officinalis L.), Valerianaceae
Les racines d’harpagophyton (Harpagophytum procumbens L.), Pedaliaceae
• Les feuille de l’olivier (Olea europea L.), Oleaceae
• Les racines de la Gentiane jaune (Gentiana lutea L.), Gentianaceae

Références

1- Jean Bruneton. (2009). Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales. Lavoisier. 4éd. 1292 pages
2- Biswanath DINDA et al. (2011). Naturally Occurring Iridoids and Secoiridoids. An Updated Review, Part 4. Chemical and Pharmaceutical Bulletin 59 (7): 803-833.

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