Myrtille

La myrtille, c’est quoi?

La myrtille (Vaccinium myrtillus L.) est un sous-arbrisseau de 20 à 60 cm de hauteur de la famille des Ericaceae. Ses feuilles sont coriaces, ovales et finement dentées et elles rougissent en automne. Les fleurs sont solitaires ou groupées par paires à l’aisselle des feuilles et elles sont de couleur pâle, rosâtre ou verdâtre. Le fruit appelé aussi myrtille, est une baie globuleuse, charnue et à sommet aplati, surmontée par un petit disque entouré d’un faible rebord qui constitue le reste du style et du calice. Ce fruit est d’abord de coloration verte, qui devient violettes puis bleue noire et il a un goût sucré.

On trouve la myrtille en Asie occidentale et en Europe. Elle est généralement à l’état sauvage et rarement cultivée. En Amérique de Nord, On cultive le bleuet qui ressemble au myrtille mais il s’agit d’une autre espèce (Vaccinium angustifolium ou Vaccinum corymbosum). Les fruits de Bleuet sont de taille plus grande et nettement plus bleutés que leurs proches parents les myrtilles d’Europe et d’Asie dont les fruits sont plus noirâtre.

Quelles parties de la myrtille utiliser ?

Chez la myrtille, on utilise les fruits frais ou séchés et les feuilles séchés.

Les fruits frais de la myrtille sont riches en eau et en sucres et en acides organiques. La baie de myrtille est surtout riche en anthocyanosides qui constituent environ 0,5% du fruit frais. Les anthocyanosides sont les pigments responsables de la coloration bleu noir de fruit. On trouve une quinzaine d’anthocyanosides qui sont des hétérosides dont les génines sont le cyanidol, le péonidol, le delphinidol, le malvidol et le pétunidol. On trouve d’autres composés phénoliques telles que les flavonoïdes notamment l’hypéroside et le quecitoside, les tanins condensés et les acides phénols.

Les feuilles de myrtille renferme également des acides phénols, des flavonoïdes. Elles sont plus riches que les fruits en tanins condensés (jusqu’à 10% de leur masse sèche) et elles ne contiennent pas d’anthocyanosides qui sont responsable de la couleur bleu noir des fruits. Les feuilles contiennent aussi des traces d’alcaloïdes quinolizidiniques qui sont la myrtine et l’épimyrtine.

Quels sont les bienfaits de la myrtille ?

Outre son utilisation dans plusieurs desserts pour son gout sucré et délicieux, les fruits de myrtille sont largement utilisées pour leurs vertus thérapeutiques.  Ces fruits, riches en anthocyanosides sont des antioxydants puissants. Elles ont aussi une action anti-radicalaire et action chélatrice des ions métalliques.

De nombreuses études suggèrent aussi que les anthocyanines, ont des effets anti-inflammatoires. Les mécanismes suggérés comprennent l’inhibition de l’activation du facteur nucléaire κB (NF-κ B). Ce facteur contrôle l’expression des gènes impliqués dans la réponse inflammatoire.

L’augmentation du stress oxydatif et l’inflammation peuvent contribuer au développement de l’athérosclérose, principal facteur sous-jacent de la maladie cardiovasculaire. Par conséquent, les effets anti-inflammatoires et antioxydants des anthocyanosides de la myrtille peuvent jouer un rôle cardioprotecteur en prévenant la formation de l’athérosclérose.

En ce qui concerne la santé vasculaire, les anthocyanosides des myrtilles permettent de d’inhiber la contraction des muscles lisses et l’agrégation plaquettaire. Ce sont des effets potentiellement anti-thrombotiques et antihypertenseurs. Le mécanisme proposé pour expliquer l’effet antihypertenseur des fruits de la myrtille est l’inhibition de l’activité de l’enzyme de conversion de l’angiotensine, qui a été mis en évidence dans les cellules in vitro. Les anthocyanosides de la myrtille sont impliqués dans le soulagement de troubles liés à l’insuffisance veineuse (jambes lourdes, varices et hémorroïdes) et la fragilité capillaire.

Les feuilles de myrtilles étaient l’un des remèdes antidiabétiques les plus utilisés avant la découverte de l’insuline. Au cours du siècle dernier, de nombreuses études sur les modèle animale ont été réalisés. Ces études ont montré que l’effet hypoglycémiant de la myrtille peut être expliqué en partie par une inhibition de l’action enzymatique de l’α-glucosidase, ainsi que par un effet stimulant sur la sécrétion d’insuline et le transport du glucose. Malgré les résultats encourageants trouvés sur le modèle animal, les résultats des études cliniques chez l’Homme étaient plus ou moins décevants et ne pouvaient pas être en faveur de l’utilisation bénéfique des feuilles de myrtille contre le diabète.

Les polyphénols présent dans les baies de myrtille peuvent également aider à prévenir l’obésité en inhibant les enzymes digestives, comme la lipase, réduisant ainsi l’absorption de corps gras. Il a été montré que le cyanidine-3-glucoside freine le développement de l’obésité chez les souris alimentées par un régime riche en matières grasses. Elle permet aussi de réguler la fonction adipocytaire humaine.

Tous ces propriétés montre l’effet bénéfique de la consommation de la myrtille pour la prévention des maladies cardiovasculaires. Les maladies cardiovasculaires représentent la principale cause de décès dans le monde dont les principaux facteurs de risque sont l’obésité, le diabète, l’hypertension et les taux élevés de lipides.

La myrtille a également une longue histoire d’utilisation pour les troubles oculaires et l’amélioration de la vision. Il y a eu de nombreuses études sur les effets de la myrtille sur la cataracte, la rétinopathie et la vision nocturne.  Certains de ces études ont montré des effets positifs avec une amélioration des anomalies de la rétine, une augmentation de la résistance capillaire, un ralentissement de la progression de l’opacité de la lentille et de la myopie et une adaptation de la vision nocturne améliorée. Les mécanismes d’actions proposés pour expliquer ces effets bénéfiques  sont: la synthèse accélérée de la rhodopsine, l’activité anti-oxydante, la modulation de l’activité enzymatique rétinienne, l’action anti-inflammatoire et l’amélioration microcirculation oculaire. Ces effets sont du à la richesse des baies de myrtille en polyphénols et notamment les anthocyanosides.

La myrtille ainsi que les composés extraits à partir de ses fruits possèdent des effets antimicrobiens contre les agents pathogènes humains. Parmi ces bactéries pathogènes, on note les Salmonella et Staphylococcus aureus, Escherichia coli. Dans une autre étude, le jus de myrtille a inhibé l’adhésion de Streptococcus pneumoniae aux cellules bronchiques humaines.

Grace à leurs richesse en tanins condensés, les fruits et les feuilles de la myrtille sont indiqués pour le traitement symptomatique de la diarrhée.

Comment utiliser la myrtille?

On peut manger les fruits de myrtille frais ou séchés tels quels sont. On peut aussi préparer une décoction en utilisant 40 g de myrtille (une poignée) qu’on laisse bouillir pendant 5 minutes dans litre d’eau. On boit cette préparation sur plusieurs fois pendant la journée (1 litre par jour).

On peut aussi utiliser la teinture mère de myrtille à l’ordre de 50 à 100 gouttes par jour. Il existe aussi un extrait sec standardisé titré à 36% d’anthocyanosides. On peut utiliser cet extrait à raison de 80 mg par dose sans dépasser 540 mg par jour.

En usage externe, On peut préparer une décoction à 10% c.à.d 10 g de fruits pour 100 ml d’eau. On peut utiliser cette préparation en bain de bouche pour le traitement symptomatique des ulcérations buccales.

Il y a des préparations à base de feuilles de myrtille : On utilise 15 g de feuilles qu’on laisse infuser pendant 10 minutes dans un litre d’eau. On prend deux à trois tasses par jour. Il faut noter que la recherche clinique n’a pas montré un intérêt réel de ces feuilles dans le traitement du diabète. Cette préparation peut etre utiliser en cas de diarrhée vu la richesse de ces feuilles en tanins.

Quelles précautions prendre avec la myrtille ?

Les fruits de myrtille font partie de notre alimentation. Aucune inquiétude n’a été soulevée au sujet de leurs effets indésirables ou toxicité chez l’Homme. Ils peuvent aussi être utilisés pendant la grossesse et l’allaitement si nécessaire. De même concernant les feuilles de myrtille qui étaient utilisé depuis longtemps en médecine traditionnelle sans qu’aucun effet indésirable ne soit rapporté.

Donc les feuilles et les fruits de myrtille peuvent être utiliser en toute sécurité dans les limites de doses indiquées.

Références

1- Kramer JH. (2004). Anthocyanosides of Vaccinium myrtillus (bilberry) for night vision-a systematic review of placebo-controlled trials. Surv Ophthalmol. 49(6):618

2- Helmstädter A et Schuster N. (2010).Vaccinium myrtillus as an antidiabetic medicinal plant-research through the ages. Pharmazie 65(5):315-21.

3- Wing-kwan Chu et al. (2011).  Chapter 4: Bilberry (Vaccinium myrtillus L.). Herbal Medicine: Biomolecular and Clinical Aspects. 2nd edition.

4-Bljajić K. (2017). Chemical Composition, Antioxidant and α-Glucosidase-Inhibiting Activities of the Aqueous and Hydroethanolic Extracts of Vaccinium myrtillus Leaves. Molecules  28;22(5).

5- Jean Bruneton. (2009). Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales. Lavoisier. 4ème éd. 1292 pages.

6- Jean Valnet. (1983). Phytothérapie. Maloine. 5ème éd. 942 pages.

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