Pensée sauvage

La pensée sauvage, c’est quoi ?

La pensée sauvage (Viola tricolor L.) est une petite plante herbacée polymorphe annuelle ou vivace de la famille de Violaceae. Elle peut atteindre 30 cm de hauteur et ses tiges sont striées longitudinalement. Les feuilles sont oblongues ou lancéolées, simples, alternes et pétiolées. Le fruit est une capsule glabre.

Les fleurs sont solitaires, irrégulières et à cinq pétales: quatre dirigés vers le haut, un vers le bas avec un motif de couleurs associant le violet, le jaune et le blanc. Les quatre pétales supérieurs sont blanc jaunâtre, le pétale inférieur jaune foncé présente des taches violettes (variété arvensis). Chez la variété vulgaris, les pétales supérieurs sont violets.

On rencontre la pensée sauvage dans les zones tempérées d’Asie et d’Europe.

Quelle partie de la pensée sauvage utiliser ?

On utilise les parties aériennes fleuries de la pensée sauvage. La récolte se fait en pleine floraison entre avril et octobre.

La partie aérienne fleurie est riche en mucilage (polysaccharide de glucose, galactose  et acide galacturonique) et en composés phénoliques. Les composés phénoliques sont les flavonoïdes (principalement la violantine et la rutine), les anthocyanosides et les tanins. On note aussi la présence des acides phénols notamment l’acide salicylique et ses dérivés (0,06 à 0,3 %) tels que l’ester méthylique.

D’autres composés sont présents dans la pensée sauvage telle que les saponosides et les caroténoïdes. Des études récentes ont montré la présence de peptides macrocycliques : les cyclotides.

Quels sont les bienfaits de la pensée sauvage ?

La partie aérienne de la pensée sauvage présente des propriétés anti-oxydantes grâce à la présence des composés polyphénoliques tels que les flavonoïdes, les tanins et les anthocyanosides.

La pensée sauvage  possède aussi une action de drainage au niveau intestinal (laxative) et au niveau rénale (diurétique). En effet, les mucilages présent surtout dans les fleurs possèdent une action laxative mineure et ils agissent en augmentant le volume de selles ce qui a pour conséquence de stimuler le péristaltisme intestinale : Ce sont des laxatifs de lest. L’action diurétique (augmentation du volume urinaire) est probablement du à la présence des saponosides.

Les extraits à base de cette plante ont montré une action antibactérienne et antifongique vis-à-vis de plusieurs souches gram positifs tels que S. aureus et E. faecalis et gram négatifs tels que E. coli et P. aeruginosa en plus de candida albicans. Cette activité est meilleure avec les extraits aqueux obtenus par infusion et décoction.

L’action la plus importante de la pensée sauvage est l’action anti-inflammatoire. Cette action a été confirmée par plusieurs études et elle est attribuée notamment à la présence de la rutine et de l’acide chlorogénique et surtout des dérivés salicylique dans la plante. Cette action trouve son intérêt surtout dans les pathologies dermatologiques à caractère inflammatoire tels que l’eczéma, le psoriasis et l’acné.

Pour évaluer l’action cytotoxique de la pensée sauvage, des études ont été réalisé sur des lignées de cellules cancéreuses de type lymphome et myélome. Ces études ont constaté que les cyclotides issus de la pensée sauvage sont des composés promoteurs pour le traitement du cancer.

Comment utiliser la pensée sauvage ?

En usage interne, on peut préparer une infusion de 1,5 g de sommités fleuries de pensée sauvage dans 150 ml (l’équivalent d’une tasse) d’eau. On laisse infuser pendant 10 minutes. On prend 3 tasses par jour. La préparation doit être utilisée extemporanément du fait de l’hydrolyse et de l’oxydation de certains principes actifs.

On peut utiliser aussi la teinture mère à l’ordre de 50 à 150 gouttes par jour.

On peut aussi utiliser la poudre qu’on va mettre dans des gélules. Chaque gélule doit contenir 250 à 300 mg. On prend 1 à 6 gélules par jour.

Quelles précautions il faut prendre avec la pensée sauvage ?

La pensé sauvage ne présente aucune toxicité connue mais un cas d’hémolyse modérée a été rapporté chez un enfant qui présente un déficit en glucose 6-phosphate déshydrogénase. Donc  les personnes qui ont ce déficit enzymatique doivent éviter de prendre la pensée sauvage.

Références

1- Toiu A et al. (2009). Pharmacognostic research on Viola tricolor L. (Violaceae). Rev Med Chir Soc Med Nat Iasi 113(1): 264-267.

2- Kamel Ghedira et al. (2013). Viola tricolorL. (Violaceae) : pensée sauvage. Phytothérapie 11:381-384.

3- Graeme Tobyn et al. (2009). The Western Herbal Tradition E-Book: 2000 years of medicinal plant knowledge. Chapitre 32.

4- Svangård E et al. (2004). Cytotoxic cyclotides from Viola tricolor. Journal of Natural Products 67(2):144-7.

5- Witkowska-Banaszczak E et al. (2005).Antimicrobial activity of Viola tricolor herb. Fitoterapia 76(5):458-61.

6- Jean Valnet. (1983). Phytothérapie. Maloine. 5ème éd. 942 pages.

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