Salicaire

La salicaire, c’est quoi ?

La salicaire (Lythrum salicaria L.) est une plante vivace de la famille de Lythraceae. La tige quadrangulaire et de couleur rougeâtre peut atteindre 1,5 m de hauteur. Les feuilles sont généralement opposées mais parfois alternes (surtout les feuilles supérieures), ovales à lancéolées et étroites.  Les fleurs sont de coloration rose violacée, en épis allongés, terminaux ou latéraux.

La salicaire se trouve dans les endroits humides tels que les bords de cours d’eau. Elle est originaire d’Europe, d’Asie et d’Afrique du Nord. Elle était ensuite introduite ensuite aux États-Unis au début des années 1800 et cultivée pour ses valeurs ornementales et médicinales. La salicaire est considérée aujourd’hui comme la principale plante envahissante des zones humides d’Amérique du Nord.

Quelle partie de la salicaire utiliser ?

On utilise les sommités fleuries de la salicaire. La récolte se fait en période de floraison qui dure tout l’été, à partir du mois de juin.

Les sommités fleuries de la salicaire sont riche en tanins (10%) qui sont de type hydrolysable. Cette partie de la plante contient aussi d’autres composés phénoliques : on note la présence des anthocyanosides qui sont responsables de la coloration rose violacée de fleurs notamment les glucosides de la cyanidine et de la malvidine. Il y a aussi des flavonoïdes tels que l’orientine et la vitexine, de coumarines tels que l’ombelliférone et la butansine et des acides phénols tels que l’acide chlorgénique et l’acide ellagique…

Dans la partie aérienne de la salicaire, on trouve aussi de polysaccharides hétérogènes de galactose, rhamnose, arabinose… Il y a aussi des triterpènes tels que l’acide oléanolique. Certaines études rapportent la présence des alcaloïdes.

Quels sont les bienfaits de la salicaire ?

La salicaire est surtout connue pour son action anti-diarrhéique. Cette action est probablement due à sa richesse en tanins. Elle peut être aussi utilisée dans les cas de dysenterie.

Les sommités fleuries de la salicaire présente aussi une importante action anti-oxydante grâce à la présence de composés phénoliques.

L’efficacité connue en médecine traditionnelle de la salicaire en usage externe pour le traitement des maladies de la peau et des muqueuses peut être due à son activité antimicrobienne. Des études ont montré que l’extrait éthanolique de la partie aérienne présente une activité antibactérienne contre Staphylococcus aureus, Escherichia coli, Pseudomonas aeruginosa et antifongique contre Candida albicans. Les tanins présents au niveau de sommités fleuries sont aussi responsables de l’effet cicatrisant en usage externe.

Des études réalisées sur des animaux ont révélé une action anti-inflammatoire et antalgique significative des extraits de la salicaire. Les flavonoïdes, en particulier l’orientine et la vitexine sont suggérées comme étant les composés responsables des effets observés.Un extrait riche en polysaccharide de masse moléculaire élevée obtenu à partir des sommités fleuries de la salicaire a été testé pour son action antitussive sur les animaux. Ces tests ont montré une réduction de la toux ainsi qu’une action bronchodilatatrice significative.

Comment utiliser la salicaire ?

Les sommités fleuries de la salicaire peuvent être utilisée en usage externe pour favoriser la cicatrisation et en usage interne pour la diarrhée.

En usage externe, on peut préparer une décoction concentrée en utilisant deux poignées de sommités fleuries qu’on laisse bouillir pendant 5 minutes dans 1 litre d’eau. On utilise cette décoction en lotion sur les ulcères cutanés et les plaies et en bain de bouche.

Par voie orale, on prépare une infusion en utilisant une poignée de sommités fleuries pour un litre d’eau bouillante. On laisse infuser pendant 20 minutes. On prend 2 à 3 tasses par jour.

Les sommités fleuries séchées peuvent être utilisées en poudre à l’ordre de 5 à 15 g par jour.

Quelles précautions prendre avec la salicaire ?

Malgré son utilisation extensive depuis l’antiquité comme plante médicinale pour les adultes et les enfants, pas d’effets indésirables significatifs ont été rapporté suite à son utilisation interne et externe. On peut conclure que les sommités fleuries de la salicaire peuvent être utilisé en toute sécurité.Cependant des études in vitro ont montré une interférence d’ordre pharmacocinétique entre la salicaire et certaines substances actives telles que le verapamil, metoprolol et le paracétamol. Il faut donc prendre les préparations à base de salicaire à distance des prises de médicament pour éviter les interactions.

Références

1- Jakub P.Piwowarski et al. (2015).Lythrum salicaria L.—Underestimated medicinal plant from European traditional medicine: A review. Journal of Ethnopharmacology 170: 226-250.

2- M.Šutovská et al. (2012).Antitussive and bronchodilatory effects of Lythrum salicaria polysaccharide-polyphenolic conjugate. International Journal of Biological Macromolecules 51 (5): 794-799.

3- Jean Bruneton. (2009). Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales. Lavoisier. 4ème éd. 1292 pages.

4- Jean Valnet. (1983). Phytothérapie. Maloine. 5ème éd. 942 pages.

 

 

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