Saule blanc

Le saule blanc, c’est quoi ?

Le saule blanc (Salix alba L.) est un arbre de la famille de Salicaceae. Il s’agit d’un grand arbre, à tronc droit, qui peut atteindre 25 m de hauteur. Les jeunes rameaux sont de coloration verte ou grise. Les feuilles, sont alternes, caduques, étroites et effilées avec  une teinte argentée, qui est due à de fines soies courtes présentes surtout sur la face inférieure. Les fruits du saule  sont des capsules allongées contenants de nombreuses graines avec des poils soyeux. Les fleurs sont groupées en chatons dressés. Il faut noter que le Saule est un arbre dioïque c.à.d un arbre de saule blanc va produire soit les fleurs mâles, soit les fleurs femelles.

Le saule blanc est originaire des régions tempérées et froides de l’hémisphère nord (Europe, Nord de l’Afrique, Moyen Orient, Chine…).

Quelle partie du saule blanc utiliser ?

En thérapeutique, on utilise l’écorce des jeunes rameaux, âgés de 2 à 3 ans, du saule blanc.

L’écorce de rameaux du saule blanc est riche en composés phénoliques notamment les flavonoïdes et les tanins condensés. Mais, il est surtout connu par la présence de dérivés salicylés : le principal composé salicylé est le salicoside (salicin en anglais). Le salicoside est un hétéroside qui est formé par une génine, qui est la saligénine, et une molécule de glucose.

Quels sont les bienfaits du saule blanc ?

L’écorce des jeunes rameaux du saule blanc ainsi que les préparations à base de cette drogue sont surtout connus pour leurs actions antipyrétiques, antalgiques et anti-inflammatoires.

Ces propriétés thérapeutiques sont dues à la présence de dérivés salicylés et notamment le salicoside. En effet, le salicoside va s’hydrolyser au niveau intestinal pour libérer la saligénine. Cette dernière va s’oxyder au niveau hépatique pour donner l’acide salicylique (Aspirine®) qui est responsable des propriétés pharmacologiques de la plante : l’acide salicylique va agir en inhibant les cyclo-oxygénases d’où la diminution de la biosynthèse des prostaglandines.

Il faut noter que 10 g d’écorce va libérer dans l’organisme 72 mg d’acide salicylique. C’est une quantité faible par rapport aux doses d’Aspirine usuellement utilisées mais efficace sur le plan clinique grâce à la présence d’autres dérivés salicylés et des composés polyphénoliques connues pour leur action anti-inflammatoire dans l’écorce de saule blanc.

On utilise généralement le saule blanc pour le soulagement des douleurs articulaires mineures, le soulagement de la fièvre et pour les maux de tête.

Comment utiliser le saule blanc ?

On utilise l’écorce de jeunes rameaux concassé pour la réalisation des préparations.

Pour l’usage interne, on peut préparer une décoction de 1 à 3 g d’écorce pour une tasse d’eau qu’on laisse bouillir pendant 5 minutes. On prend 3 à 4 tasses par jour.

On peut aussi utilisée l’écorce en poudre à l’ordre de 250 à 500 mg par prise, trois fois par jour. Cette poudre peut être mise dans des gélules pour faciliter l’administration aux patients.

On peut aussi utiliser la forme teinture (1/5) à la posologie de 15 à 24 ml par jour.

Quelles précautions prendre avec le saule blanc ?

Le saule blanc présente les mêmes précautions d’emplois liées à l’utilisation de l’acide salicylique : Il est contre-indiqué pour les patients qui présentent une allergie aux salicylés ainsi que pour ceux qui présentent une déficience en glucose 6-phosphate déshydrogénase. Il est aussi contre-indiqué chez la femme enceinte surtout au troisième trimestre et chez la femme allaitante.

On évite de donner les préparations à base de saule blanc aux enfants qui risquent d’avoir le syndrome de Reye, qui est un syndrome très rare mais aussi très dangereux.

Références

1- European Medicines Agency. (2009). Evaluation COMMUNITY HERBAL MONOGRAPH ON SALIX, CORTEX.

2- Wiesneth S. et al. (2018).  Investigation of the flavan-3-ol patterns in willow species during one growing-season. Phytochemistry 145 : 26-39.

3- Jean Bruneton. (2009). Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales. Lavoisier. 4éd. 1292 pages.

4- Jean Valnet. (1983). Phytothérapie. Maloine. 5ème éd. 942 pages.

 

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