Lin

Le lin, c’est quoi?

Le lin (Linum usitatissimum L.) est une herbe annuelle de la famille de Linaceae. La tige est dressée à feuilles simples et alternes. Les fleurs sont solitaires et à 5 pétales de coloration bleu. Le fruit est une capsule à dix loges qui contient les graines.

Il y a plusieurs variétés de lin. On trouve en Europe les variétés dites « à fibres ». En Canada, en Inde et en Chine, on trouve surtout les variétés dites « à graines ».

Planche botanique Lin
Planche botanique du Lin (Linum usitatissimum L.)

Quelle partie du lin utiliser ?

On utilise les graines du lin. Ces graines peuvent être utilisées tels quels pour leurs vertus médicinales. On peut également obtenir une huile à partir de ces graines.

Les grains de lin sont riches en lipides (35 à 45%), protides (20 à 25%) et glucides de type mucilage (10%). Le mucilage peut être fractionné en mucilage neutre et en mucilage acide. Le mucilage acide est constitué de polysaccharides de rhamnose et  de galactose. Le mucilage neutre est constitué de polysaccharides de xylose, arabinose et glucose. La fraction protidique est riche en arginine, en acide aspartique et en acide glutamique. La fraction lipidique ou huileuse est principalement sous forme de triglycérides avec un profil d’acide gras dominé par l’acide linolénique (35 à 52%). L’acide linoléique, qui est le composé essentiel de l’huile de la graine de lin, est un acide gras insaturé qui est à l’origine de l’instabilité de cette huile. En effet, l’huile de grain de lin est sensible à l’oxydation et à la chaleur.

Les graines contiennent aussi d’autres composés notamment les hétérosides cyanogènes (linustatine, néolinustatine…), les lignanes (appelés phytoestrogènes car ils sont transformés par les bactéries de l’intestin en composés capables de se fixer faiblement sur les récepteurs aux œstrogènes), les cyclopeptides, les minéraux, les vitamines et le cadmium. En effet, le lin est parmi les plantes qui absorbent le cadmium métallique. Ce cadmium va s’accumuler ensuite dans la graine.

Quels sont les bienfaits du lin ?

La graine de lin est de plus en plus introduite dans notre alimentation. On la trouve essentiellement dans certains pains spéciaux. Les études chez les jeunes adultes en bonne santé ont montré que l’introduction de ces graines à l’alimentation permet la réduction de taux de cholestérol totale et le taux de cholestérol à basse densité (LDL cholestérol) sans diminution de cholestérol de haute densité (HDL cholestérol). Les sujets féminins et les personnes ayant une concentration élevée de cholestérol, ont montré une plus grande réponse à un régime alimentaire avec un apport quotidien de graines de lin. Ces résultats expérimentaux confirment l’hypothèse que la consommation de ces graines a un effet positif sur la diminution du développement de l’athérosclérose.

Les graines de lin permettent aussi la diminution de la pression artérielle. En effet, elles sont riches en arginine, un acide aminé qui, lorsqu’il est présent dans l’endothélium vasculaire, permet la diminution de la  pression artérielle.

Plusieurs études sont en faveur d’une activité anticancéreuse des graines de lin. Les régimes expérimentaux à base de farine de graine de lin ont permis de réduire la prolifération des cellules épithéliales et les aberrations nucléaires dans les glandes mammaires des Rat femelles. En outre, il a été a constaté que les lignanes (phyto-œstrogènes) présents dans les graines de lin réduisent la croissance de la tumeur mammaire dans les derniers stades de la carcinogenèse. Ces résultats ne sont pas confirmés par des études cliniques. Donc par mesure de précaution, on évite d’administrer les graines de lin aux femmes présentant des cancers hormono-dépendants tel que le cancer de sein à cause de l’effet ostrogénique de lignanes qui peut aggraver la maladie.

La présence de mucilage justifie l’emploi de la graine de lin comme laxatif à effet de lest. En effet, les mucilages de graines de lin ont la capacité d’augmenter le volume du contenu intestinal et donc de stimuler le péristaltisme. Cela explique l’indication des graines de lin dans les cas de constipation. Les graine s de lin ont aussi un effet bénéfique sur le syndrome d’intestin irritable.

Les mucilages sont aussi responsables de l’action antitussive de graines de lin. En effet, ces mucilages tapissent les voies bronchique et permettent de les protéger des irritations qui sont à l’origine de la toux.

L’huile de lin est obtenue par expression des graines de lin cueillies à maturité. Cette huile est unique car elle est très riche en acide linolénique. L’acide linoléique est un précurseur métabolique des acides gras polyinsaturés ω-3, qui ont des effets bénéfiques sur la santé cardiovasculaire et les maladies inflammatoires, ainsi que des propriétés anticancéreuses. Il a été également démontré que l’incorporation des graines de lin à l’alimentation animale permet d’obtenir des produits alimentaires (œufs, viandes et poissons) enrichis en acide gras ω-3. L’instabilité de l’huile de lin et sa sensibilité à l’oxydation et à la chaleur limite énormément son utilisation en cuisine et dans l’alimentation.

Comment utiliser le lin ?

On utilise les graines de lin en phytothérapie essentiellement pour le traitement de la constipation. Pour cela, on les utilise par voie orale. on met 3 cuillères à soupe de graines de lin entières ou concassées dans un litre d’eau. On laisse la préparation macérer toute la nuit. Le lendemain, on prend une tasse, une demi-heure avant chaque repas. On peut filtrer la préparation pour éliminer les graines. Il s’agit d’une préparation riche en mucilage qui ont un effet laxatif.

L’utilisation de graines de lin doit s’accompagner d’une quantité suffisante d’eau pour éviter tout risque d’obstruction des voies digestives.

Quelles sont les précautions à prendre avec le lin?

Les graines de lin et les préparation à base des ces graines sont contre-indiqués pour les patients qui présente un blocage ou une paralysie au niveau intestinal ou le syndrome de mégacôlon.

Elles sont aussi contre-indiqués pour les femmes enceintes et allaitantes et les enfants de moins de 12 ans par manque de données sur la sécurité de leur utilisation.

A cause de la présence de lignanes qui ont un effet oestrogénique, les graines de lin sont également contre-indiqués chez les femmes ayant un cancer hormono-dépendant comme le cancer de sein ou le cancer de l’endomètre.

Les graines de lin ne doivent pas être pris avec des médicaments qui inhibe le péristaltisme intestinal tel que les opioïdes (morphine, codéine…).

La fermentation des graines non digérées, au niveau du colon, va provoquer la formation de gaz et un phénomène de flatulence.

Quelques cas isolés d’allergie cutanée à la graine de lin ont été publiés. L’allergie à la graine de lin reste une allergie rarissime mais l’utilisation croissante en agro-alimentaire des grains de lin laisse présager une augmentation de nombre des cas d’allergique à la graine de lin dans les prochaines années.

Les graines de lin contiennent du Cadmium. L’intoxication chronique au cadmium se manifeste généralement par une perte de la fonction rénale et de la densité osseuse. Ces effets sont cumulatifs et nécessitent des décennies d’exposition pour se manifester. Donc, la consommation de graines de lin ne suffit pas à elle seule pour causer une intoxication au Cadmium. De même, la présence d’hétérosides cyanogènes n’interdit pas la consommation de graines et les préparations à base de graines de lin.

Références

1- Chatain et al. (2016). Allergie à la graine de lin : revue générale à propos d’une observation. Revue Française d’Allergologie 56 (7-8): 562-566.

2- Youn Young Shim et al. (2014).Flaxseed (Linum usitatissimum L.) bioactive compounds and peptide nomenclature: A review. Trends in Food Science & Technology 38: 5-20.

3- Linda M. Hall et al. (2016). Chapter 6 – Flax (Linum usitatissimum L.). Industrial Oil Crops, Pages 157-194.

4- European Medecines Agency (Committee on Herbal Medicinal Products). Assessment report on Linum usitatissimum L., semen. 10 March 2015.

5- Jean Bruneton. (2009). Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales. Lavoisier. 4éd. 1292 pages.

6- Jean Valnet. (1983). Phytothérapie. Maloine. 5ème éd. 942 pages.

 

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