Harmal

Le Harmal, c’est quoi ?

Le harmal appelé aussi harmel (Peganum harmala L.) est une plante herbacée de la famille de Zygophyllaceae. C’est une plante qu’on retrouve dans les régions arides et semi-arides. Elle trouve ses origines  en Afrique de Nord, en Asie Centrale et Moyen Orient. Le harmal a été introduit ensuite en Amérique et en Australie.

L’hauteur de la plante est comprise entre 30 cm et 100 cm. Ses feuilles sont en lanières étroites et ils dégagent une odeur désagréable en les froissants, ce qui a pour effet de  repousser les animaux. Les fleurs sont solitaires et de coloration blanche. Les fruits sont des capsules globuleuses à trois loges qui contiennent de nombreuses graines angulaires.

Planche botanique Harmal
Planche botanique du Harmal (Peganum harmala L.)

Quel est la partie toxique du Harmal ?

Toute la plante est toxique notamment les graines qui sont les plus riches en alcaloïdes (3 à 4%). La teneur des alcaloïdes est maximale en été.

Ces alcaloïdes sont de type β-carbolines tels que l’harmaline, harmine, harmalol, harmane et de type quinazoline tels que la vasicine et vasicinone.

Comment survient l’intoxication au Harmal ?

Les graines de harmel montrent des effets toxiques dés la dose de 3g.

Le contexte d’intoxication est généralement un usage médical du harmal et notamment les graines pour leurs vertus thérapeutiques. En médecine traditionnelle, le harmal est utilisé pour ses propriétés abortives, emménagogues (provoquent et favorisent les menstruations), antiparasitaires, hypoglycémiantes et cytotoxiques. Bien évidemment, on déconseille d’utiliser le harmel pour ses indications à cause de sa toxicité : le rapport bénéfice / risque est défavorable.

L’intoxique peut aussi survenir suite à l’inhalation par fumigation qui est une pratique courante dans les rituels de magie qui exploitent le pouvoir hallucinogène du harmal.

Quels sont les effets du Harmal ?

L’absorption  dépend  de  la  voie  d’exposition:  après  ingestion  des  graines,  les  alcaloïdes  sont absorbés  en  quelques  minutes  par  le  tractus  gastro-intestinal,  atteignant  en   15  à  30  minutes,  les organes cibles (système nerveux central et cœur). En fumigation ces organes sont touchés en 5 à 10 mm.

L’intoxication par les graines de harmal  est caractérisée par la survenue d’hallucinations visuelles qui sont suivi à des doses plus élevée par des convulsions. Cette excitation neurosensoriel est suivie par d’une paralysie du système nerveux central avec une paralysie respiratoire, hypothermie, hypotension, bradycardie (diminution de rythme cardiaque),  diminution  de  la  contraction  des  muscles  lisses,  à  l’exception  du  muscle  utérin.

Ces symptômes sont généralement accompagnés par des troubles gastro-intestinales de type douleur abdominale, nausée et vomissement, en plus d’une anurie (diminution ou absence d’urine).

Les effets neurosensoriels du harmal sont dus aux alcaloïdes de type β-carbolines tels que l’harmaline, harmine, harmalol, harmane qui sont des antagonistes de la sérotonine : ils bloquent les récepteurs de type 5-HT2A de la sérotonine. Ils inhibent aussi la Mono-amino oxydase A (MAO-A). Il faut noter que le harmel ainsi que ses alcaloïdes de type β-carbolines sont classés en France dans la liste de stupéfiants.

Les alcaloïdes de type quinazoline tels que la vasicine et vasicinone sont responsable de la contraction utérine.

Comment prendre en charge une intoxication au Harmal ?

Le pronostic dépend de la quantité ingérée. Il est  en général favorable mais une intoxication grave peut aboutir au décès par arrêt respiratoire.

En cas d’intoxication par le harmel, le malade  doit  être  hospitalisé  en  unité  de  soins  intensifs et être  soumis  à  une  surveillance clinique afin de maintenir ses fonctions vitales.

Références

1- N. Tahri et al. Intoxication par le Harmel “Peganum harmala”. Document du Centre Anti-poison du Maroc.

2- K Patel et al. (2012). A review on medicinal importance, pharmacological activity and bioanalytical aspects of beta-carboline alkaloid ‘‘Harmine’’. Asian Pacific Journal of Tropical Biomedicine 2(8): 660-664.

3- Sepideh Miraj. (2016). A review study of therapeutic effects of Peganum harmala. Der Pharmacia Lettre 8 (13):161-166.

 

 

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