Chanvre indien (cannabis)

Le chanvre indien, c’est quoi ?

Le chanvre indien (Cannabis sativa L.), est une plante herbacée annuelle de la famille des Cannabaceae. C’est une herbe dioïque : les fleurs males sont en panicules et les fleurs femelles sont en cymes compactes. Les feuilles varient selon leurs points d’insertion : Elles sont opposées et segmentées en 5 à 7 segments à la base de la tige et alternes et tri-segmentées lorsqu’elles sont au sommet. Enfin, le fruit est un akène ovoïde.

On distingue principalement deux types de chanvre selon la teneur en tétrahydrocannabinol (THC) et en cannabidiol (CBD).

  • Type drogue (usage récréatif) : à forte teneur en THC (>1%)et dépourvu de CBD. On trouve cette variété dans les zones climatiques chaudes.
  • Type fibre (usage industrielle dans les industries de cordage) : à très faible teneur en THC et teneur élevée en CBD. On trouve cette variété dans les zones tempérées.

 Quel est le statut légal du chanvre indien ?

Le cannabis est la drogue illicite la plus utilisée dans le monde. Elle est classée dans le tableau IV des stupéfiants, aux côtés de la cocaïne et de l’héroïne et autres stupéfiants qui sont considérés comme particulièrement dangereux avec un potentiel d’abus élevé et considérées et sans valeur thérapeutique notable.

En effet, le texte de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, interdit la production, la fabrication, l’exportation, l’importation, la distribution, le commerce, l’emploi et la détention du cannabis (les sommités florifères ou fructifères de la plante du genre Cannabis) et la résine de cannabis (résine séparée, brute ou purifiée, obtenue à partir de la plante de cannabis) mais autorise son utilisation à des fins médicales et scientifiques.

La Convention sur les substances psychotropes de 1971, a ajouté le tétrahydrocannabinol (THC) à la liste des produits stupéfiants.

Dès les années 1970, les autorités des Pays-Bas ont réévalué leurs politiques sur le cannabis, ce qui a conduit au développement, dans ce pays, du système actuel de coffee shops où l’on vend et on consomme cette drogue. L’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) critique depuis longtemps le modèle néerlandais, affirmant qu’il dépasse les limites des Conventions.

Actuellement, certains états des Etats-Unis d’Amérique et certains pays d’Europe et d’Amérique latine et plus récemment le Canada ont commencé à revoir leurs législations afin de décriminaliser la consommation de cette drogue considéré comme drogue douce.

Comment utiliser le chanvre indien ?

Le cannabis est généralement fumé sous forme de cigarettes (joints) en le mélangeant à du tabac. Il y a d’autres moyens pour la consommation du cannabis tels que les pipes, les pipes à eau ou les vaporisateurs mais qui sont moins utilisés que les joints.

Il existe plusieurs formes de cannabis :

  • Formes peu concentrées en THC (2-6%) : inflorescences mêlées par des feuilles, éventuellement des graines et des tiges agglomérées par pression (marijuana).
  • Formes concentrées en THC (5-20%): il  s’agit d’une résine (haschish).
  • Forme très concentrée en THC (>50%) (Huile de cannabis).

Quels sont les constituants du chanvre indien ?

Les composés actifs du chanvre indien sont essentiellement les cannabinoïdes. Les cannabinoïdes sont des terpènophénols, absents des graines et des tiges et présents dans les feuilles et se concentre dans les inflorescences et la résine. Le tétrahydrocannabinol (THC) est le principal cannabinoïde responsable des effets psychotropes du cannabis mais on trouve d’autres cannabinoides tels que le cannabinol (CBN) et cannabidiol (CBD).

Quels sont les effets du chanvre indien ?

L’activité du cannabis est liée au seul tétrahydrocannabinol (THC).  Les autres cannabinoïdes sont biologiquement inactifs.  Le THC est particulièrement lipophile, est rapidement absorbé. Il est métabolisé au niveau hépatique en dérivés hydroxylés, éliminés par voie fécale et urinaire.

Les effets de la consommation du cannabis se divisent en effets somatiques et effets psychiques: Les effets somatiques sont généralement mineurs tels que la conjonctivite, la sécheresse buccale, la tachycardie et l’hypotension orthostatique à forte dose. Les effets psychiques sont par contre extrêmement polymorphes avec une sensation de bien-être et d’euphorie ou au contraire de sédation et de changement de la perception sensorielle (distance, forme, sons…) et temporelles. En cas de forte dose ou chez un sujet psychotique, des hallucinations peuvent apparaître.

Les effets en chronique dus à la consommation répétée du cannabis sont l’altération fonctionnelle au niveau des bronches et les troubles mnésiques et développement d’un syndrome amotivationnel surtout chez l’adolescent.

La consommation du cannabis entraînerait une dépendance physique et une tolérance faible. L’interruption de la consommation entraîne parfois un syndrome de sevrage (anxiété, irritabilité, alternance agitation et somnolence…) qui traduirait une forte dépendance psychique. Ce syndrome cède après quelques jours.

En usage médicale, il y a seulement deux indications du cannabis approuvées par Food and Drug Administration (FDA) : le traitement des nausées et vomissements associés à la chimiothérapie (Marinol® et Cesamet®) et l’utilisation dans la sclérose en plaques et la douleur neurologique liée au cancer (Sativex®). Ce dernier produit est déjà disponible en Europe et au Canada.

Références

1- CONVENTION UNIQUE SUR LES STUPÈFIANTS DE 1961

2- Jane O’Doherty & Ray O’Conno. (2018). The case for medicinal cannabis. Irish Journal of Medical Science;

 3- Jean Bruneton. (2009). Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales. Lavoisier. 4ème éd. 1292 pages.

 

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