Coca

Le Coca, c’est quoi ?

Le cocaïer (Erythroxylum spp L.), appelé aussi coca, est un arbuste de la famille des Erythroxylaceae. Les feuilles du cocaïer sont ovales, entières et courtement pétiolées. Les fleurs à 5 pétales sont de coloration blanche jaunâtre. Les fruits sont des petites drupes rouges.

Le cocaïer est originaire de la Cordillière des Andes mais cultivé dans toutes les régions de l’Amérique du Sud. Les espèces du genre Erythroxylum cultivées pour la production de feuilles riches en cocaïne sont :

  • Erythroxylum coca
  • Erythroxylum novogranatense

Quel est le statut légal du Coca ?

Le commerce des feuille de coca a explosé à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle, avec la découverte de la cocaïne. Depuis lors, jusqu’à la fin de la 2ème guerre mondiale, la culture de la coca, dans le but d’extraire la cocaïne, a été encouragée dans de nombreux pays : La culture de coca et la production de la cocaïne atteignant alors des proportions énormes.

Cependant, avec la prise de conscience croissante des problèmes liés à l’usage de la cocaïne, l’interdiction est survenue. La convention unique sur les stupéfiants de 1961, a interdit la production, la distribution et la vente de cocaïne. Cette même convention a également interdit la culture des plantes du genre Erythroxylum ainsi que la possession de feuilles de coca.

La seule exception à cette interdiction a été faite pour les feuilles décocaïnisées (dont on a enlevé toute la cocaïne), utilisées comme agents aromatisants. En effet, il s’agit d’un arrangement fait avec la société américaine de boissons gazeuses Coca-Cola qui importe spécifiquement et décocaïne les feuilles de coca pour les utiliser comme agents aromatisants pour sa célèbre boisson.

Dans les pays d’Amérique du Sud où l’utilisation traditionnelle des feuilles de coca est ancrée et répondue, comme la Bolivie, le Pérou, le Chili et l’Argentine, la culture, la vente et la possession de feuilles de coca restent généralement légales mais restreintes pour empêcher la production clandestine de la cocaïne.

En dehors de ce contexte sud-américain, les lois de la plupart des pays n’établissent aucune distinction entre la feuille de coca et toute autre substance contenant de la cocaïne.

Comment utiliser le Coca ?

L’ancienneté de l’utilisation de la coca est bien établie. Les études archéologiques réalisées en Amérique du Sud et en Amérique Centrale ont montré que les habitants de ces régions utilisaient les feuilles de coca depuis 1000 ans avant J.C. Les habitants de l’Amérique du Sud, surtout les travailleurs des mines, mâchaient les feuilles de coca. Ils prenaient ces feuillent aussi sous forme d’une infusion. En comparaison avec l’utilisation moderne de la cocaïne, la quantité de drogue utilisée par les peuples autochtones était et reste assez faible avec environ 60 grammes de feuilles de coca mâchées par jour.

Actuellement, les toxicomanes utilisent le chlorhydrate de la cocaïne purifié à partir des feuilles de coca. Le chlorhydrate de cocaïne est sniffé par prise nasale, moins fréquemment en l’injectant par voie intraveineuse et en le déposant sur les muqueuses. Une raie de cocaïne contient approximativement 20 à 50 mg de chlorhydrate de cocaïne.

Le crack est une pate de coca qui contient 40 à 70% de cocaïne et il est généralement fumé. L’origine du mot « crack » provient du craquement sonore qu’il produit en chauffant. L’outil de consommation le plus courant du crack est la pipe à air et la pipe à eau, souvent fabriqués par les utilisateurs eux-mêmes de manière artisanale. Les effets du crack sont similaires à la cocaïne, mais plus violents, rapides, et brefs. Il provoque une montée immédiate qui se caractérise par une forte stimulation mentale et une impression de rêve qui s’achève à la descente et ne peut continuer qu’avec une nouvelle prise.

Quels sont les constituants des feuilles de Coca ?

Dans les feuilles de coca, il y a des tanins, des flavonoïdes, des huiles essentielles à salicylate de méthyle mais surtout des alcaloïdes tropaniques.

La cocaïne est le principal alcaloïde des feuilles de coca. C’est aussi l’alcaloïde le plus étudié dans la littérature. Les feuilles séchées d’E. coca peuvent contenir jusqu’à 0,6% de cocaïne. Cependant, ces feuilles contiennent aussi d’autres alcaloïdes biologiquement actifs de type tropanique, pyrrolidinique et pyridinique. Parmi ces alcaloïdes, il y a la cinnamoylcocaïne, la benzoylecgonine, la méthylécgonine, la pseudotropine, la benzoyltropine, la tropacocaïne, l’α- et β-truxilline et l’hygrine. Tous ces composés sont moins actifs et moins euphorisants que la cocaïne.

Quels sont les effets du Coca ?

En usage médical, la cocaïne était utilisée comme anesthésique local avant la découverte des nouveaux anesthésiques synthétiques tels que la lidocaïne et la bupivacaïne. En 1860, Albert Niemann Göttingen a rapporté que mâcher des feuilles de coca a supprimé la sensation et le goût de la langue. Il a isolé le principe actif responsable de cet activité: la cocaïne. En effet, la cocaïne est un anesthésique de surface qui agit en bloquant les échanges ioniques au travers de la membrane neuronale, ce qui interrompt la propagation des potentiels d’action du message sensitif.

La cocaïne est aussi un sympathomimétique qui agit en bloquant, par fixation sur leurs transporteurs, le recaptage de la dopamine et de la noradrénaline par le neurone pré synaptique.

En usage illicite, la prise de cocaïne entraîne une sensation d’euphorie, une stimulation intellectuelle, diminution de sensation de fatigue, insomnie, anorexie, loquacité accrue. Mais aussi une irritabilité, trouble de perception, dépression émotionnelle et épuisement physique. On peut noter aussi une activité compulsive de grattage.

La cocaïne peut provoquer une dépendance qui est essentiellement d’ordre psychique. On note aussi un effet de tolérance chez les consommateurs de la cocaïne. En effet, les doses doivent être constamment augmentées pour avoir la même intensité et la même durée d’euphorie.

Les complications les plus graves sont d’ordre cardiovasculaire: crise hypertensive, infarctus de myocarde, hémorragie cérébrale. La dose létale de cocaïne est estimée à 1,2 g. Cependant, des études de cas ont montré que des individus ont trouvé la mort avec des doses qui ne dépassent pas le 30 mg appliqués aux muqueuses et il y a aussi des toxicomanes qui peuvent tolérer jusqu’à 5 g de cocaïne par jour.

Références

1- Amy Sue Biondich and Jeremy David Joslin. (2016). Coca: The History and Medical Significance of an Ancient Andean Tradition. Emergency Medicine International : 1-5.

2- Hironori Tsuchiya. (2017).Anesthetic Agents of Plant Origin: A Review of Phytochemicals with Anesthetic Activity. Molecules 22, 1369: 1-34.

 3- Jean Bruneton. (2009). Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales. Lavoisier. 4ème éd. 1292 pages.

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