Kratom

Le kratom, c’est quoi ?

Le kratom (Mitragyna speciosa Korth.), appelé aussi biak, est un grand arbre de la famille des Rubiaceae. Il peut atteindre jusqu’à 15 m de hauteur. Ses feuilles sont persistantes, de forme ovales et de couleur vert foncé. Ses fleurs sont des têtes florales globulaires qui portent jusqu’à 120 petites fleurs jaunes.

Le kratom est une espèce tropicale indigène de l’Asie de Sud-Est notamment de la Thaïlande, la Malaisie et la Birmanie.

Quel est le statut légal du kratom ?

Le kratom ainsi que les substances issues de cette plante ne sont pas mentionnées dans la convention unique de 1961 sur les stupéfiants. En effet, le kratom est surtout interdit dans ses pays d’origine à savoir la Thaïlande et la Malaisie ou il est considéré illégal malgré une tradition d’utilisation qui date de plusieurs siècles.

Dans les pays occidentaux, le kratom est une drogue peu connue, ce qui explique le fait qu’il n’est pas interdit dans la plupart de ces pays. La culture, l’importation et l’exportation et l’utilisation viennent récemment d’être interdits dans certains pays tels que la Grande Bretagne, l’Allemagne, la Suisse, l’Australie et la Nouvelle Zélande. En France, le kratom et ses composés sont inscrits sur la liste des psychotropes, depuis décembre 2019, compte tenu des risques graves pour la santé liés à la consommation de cette plante. En conséquence, leur détention et leur achat sont interdits. Cette mesure fait suite aux résultats d’une enquête confiée par l’ANSM.

Aux Etats Unis d’Amérique, le kratom est illégal dans quelques états (Alabama, Arkansas, Indiana, Tennessee, Vermont, Wisconsin), alors qu’il n’est pas interdit dans la plupart des autres états malgré la pression exercée par le FDA (Food and Drug Administration) et l’DEA (Drug Enforcement Administration) pour l’inclure dans la liste des stupéfiants interdits au niveau fédéral.

Comment utiliser le kratom ?

Traditionnellement, les ouvriers et les paysans en Thaïlande et dans les autres pays de sud-est d’Asie mâchent les feuilles fraîches de kratom pour leurs effets contre la fatigue.

Depuis quelques années, il devient de plus en plus populaire comme drogue récréative dans les pays occidentaux. Aux Etats Unis et en Europe, on trouve généralement les feuilles de kratom sous forme de poudre. Cette poudre peut être utilisée de plusieurs façons: la forme d’utilisation la plus simple est la préparation d’infusion à partir de 2 à 3 g de cette poudre pour les débutants. On peut aussi trouver le kratom sous forme de gélules.

Quels sont les constituants du kratom ?

Il y a plus de 40 composés actifs dans les feuilles de kratom qui sont essentiellement des alcaloïdes. La mitragynine est l’alcaloïde principal, qui peut constituer jusqu’à 66% de l’extrait de feuilles. La mitragynine et ses analogues, tels que la mitraphylline et la 7-hydroxymitragynine, sont des alcaloïdes indoliques possédants une fraction mono-terpénique. D’autres alcaloïdes existent dans le kratom tels que la raubasine et la rhynchophylline.

La teneur en mitragynine varie selon le lieu et la saison. En effet, on trouve les pourcentages les plus élevés de mitragynine dans le kratom cultivé en Asie du Sud-Est.

Quels sont les effets du kratom ?

Les alcaloïdes du kratom peuvent interagir avec les récepteurs opioïdes malgré leurs différences structurales avec les opioïdes classiques (morphine et ses analogues): La mitragynine est un agoniste de récepteurs mu- et kappa-opioïdes.

Les effets pharmacologiques des feuilles de kratom et de leurs constituants sont dose-dépendants. Des doses faibles à modérées (1-5 g), peuvent donner des effets stimulants légers. A des doses modérées à élevées (5-15 g), on peut avoir des effets de type opioïde qui sont l’effet euphorisant, l’effet antalgique et la constipation. A des doses fortes (> 15 g), certaines personnes peuvent avoir de l’anxiété, de l’irritabilité et une agressivité accrue.

La consommation à long terme et à forte dose a été associée à plusieurs effets atypiques tels que l’hyper-pigmentation des joues, des tremblements, de l’anorexie, une perte de poids et l’apparition de psychoses.

Les rapports sur les effets néfastes du kratom en Asie mettent l’accent sur la dépendance, qui est une dépendance psychique et physique, ainsi qu’un effet de tolérance (besoin permanent d’augmenter la dose pour avoir les même effets). En effet, pour certains utilisateurs, le sevrage est très inconfortable et le maintien de l’abstinence est difficile.

Des toxicités plus alarmantes ont été révélées dans la littérature occidentale, peut-être en raison de l’altération des produits ou de la sous-déclaration des effets secondaires en Asie. Ces toxicités comprennent l’hypertension, la néphrotoxicité, les convulsions et même le décès par surdosage.

Références

1- Ling-Yi Feng et al. (2017). New psychoactive substances of natural origin: A brief review. Journal of Food and Drug Analysis 25 (3): 461–471.

2- Joshua Z. Drago et al. (2017). The Harm in Kratom. The oncologist 22(8): 1010–1011.

3- LC. Michael White et al. (2018). Pharmacologic and clinical assessment of kratom. American Journal of Health-System Pharmacy 75 (5) 261-267.

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