Bistorte

La bistorte, c’est quoi ?

La bistorte, appelée aussi la renouée bistorte, est une plante herbacée vivace de la famille de Polygonaceae. Son nom scientifique Polygonum bistorta L. (= Persicaria bistorta (L.) Samp.) provient de l’aspect de sa racine tordue en deux fois ce qui signifie « bistortus » en latin et de l’aspect de sa tige noueuse qui lui a valu le nom de polygonum («  plusieurs genoux » en latin).

La tige de la bistorte est dressée (de 20 à 80 cm), à nœuds marqués et porte un seul épi de fleurs de coloration rose. Les feuilles, oblongues, possèdent une épaisse nervure centrale ; celles de la base sont pourvues d’un pétiole ailé. La racine est contournée, épaisse et de couleur rose.

On peut trouver la bistorte en Europe, en Asie et en Amérique de Nord.

Planche botanique bistorte
Planche botanique de la Bistorte (Polygonum bistorta L.)

Photo feuille de Bistorte©www.hautesavoiephotos.com

Photo racine de Bistorte©http://aventure-installation.blogspot.com

Quelle partie de la bistorte utiliser ?

Chez la bistorte on utilise la partie souterraine (la racine). Cette racine est récoltée en automne (Quand les feuilles commencent à tomber). Ensuite elle est séchée et concassée (broyée grossièrement).

La racine de bistorte est riche en amidon. Elle est aussi riche en tanins (15 à 20 %) de type condensé et hydrolysable. On trouve aussi des acides phénols tel que l’acide chlorgénique et des flavonoïdes notamment la quercétine et la taxifoline. Dans la racine de la bistorte, on note aussi la présence des triterpènes tels que l’epifridelanol, le β-sitosterolol, le cycloartane-3,24-dione et le méthylenecycloartanone.

Quels sont les bienfaits de la bistorte ?

La racine est très astringente grâce à la présence de tanins. Cela lui confère plusieurs vertus thérapeutiques : En usage externe, elle est cicatrisante, hémostatique, antiseptique, veinotonique d’où son activité sur les hémorroïdes. Elle est aussi utilisée contre les métrorragies (saignement en dehors de règles) et les leucorrhées (pertes vaginales).

En usage interne, c’est un excellent anti-diarrhéique qui a en plus une activité antibactérienne (sur Staphylococus aureus, Escherichia coli, pseudomonas aeruginosa…) et antifongique et une action hémostatique d’où son intérêt dans les diarrhées infectieuses et les diarrhées hémorragiques.

Grace aux composés phénoliques, les extraits de la bistorte possèdes un pouvoir antioxydant et anti-radicalaire puissant.

Les études pharmacologiques sur les animaux ont montré que la racine de la bistorte possède une action anti-inflammatoire intéressante.

Plusieurs études réalisées sur des lignées cellulaires cancéreuses ont montré le potentiel anticancéreux des extraits de la bistorte. Cette activité est probablement du aux composés triterpéniques.

Comment utiliser la bistorte ?

On utilise la racine de la bistorte séchée et concassée pour la réalisation des préparations.

Pour l’usage interne, on peut préparer une décoction de 30 g pour un litre d’eau qu’on laisse bouillir pendant 5 minutes. On prend 4 tasses par jour.

On peut aussi utilisée la racine de la bistorte en poudre à l’ordre de 2 g à 4 g par jour. On peut mettre cette poudre dans des gélules pour faciliter l’administration aux patients.

Pour l’usage externe, on peut préparer une décoction de 60 g pour un litre qu’on laisse bouillir pendant 15 minutes. Cette solution est utilisée en injection dans les leucorrhées, en lavement dans les hémorroïdes et les diarrhées, en compresse comme antiseptique et cicatrisant des plaies et en gargarisme dans les angines, les aphtes et pour fortifier les gencives.

 Quelles précautions prendre avec la bistorte ?

La bistorte ne présente aucune toxicité connue. Mais vue qu’elle est riche en tanins, Un surdosage peut provoquer une constipation.

Références

1- Neelma Munir et al. (2014). Evaluation of antifungal and antioxidant potential of two medicinal plants: Aconitum heterophyllumand Polygonum bistorta. Asian Pacific Journal of Tropical  (2) : 639-643.

2- Yueqiu Liu et al. (2014). High-resolution bacterial growth inhibition profiling combined with HPLC–HRMS–SPE–NMR for identification of antibacterial constituents in Chinese plants used to treat snakebites. Journal of Ethnopharmacology 155 : 1276-1283.

3- Wang Y et al. (2013). Chemopreventive effect of a mixture of Chinese Herbs (antitumor B) on chemically induced oral carcinogenesis. Molecular Carcinogenesis 52(1):49-56.

4- Xiao-Qiu LIU  et al. (2008). Simultaneous Qualitative and Quantitative Analysis of Commercial Bistorta Rhizome and Its Differentiation from Closely Related Herbs Using TLC and HPLC-DAD FingerprintingChemical and Pharmaceutical Bulletin 56(1) : 75-78.

5- Duwiejua M et al. (1994). Anti-inflammatory activity of Polygonum bistorta, Guaiacum officinale and Hamamelis virginiana in rats. Journal of Pharmacy and Pharmacology 46(4):286-290.

6- Jean Valnet. (1983). Phytothérapie. Maloine. 5ème éd. 942 pages.

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