Rhubarbe palmée

La rhubarbe palmée, c’est quoi ?

Il y a plusieurs espèces de rhubarbe (Rheum spp) qui présentent une composition chimique et des propriétés nutritionnelles et médicinales similaires. La pharmacopée européenne précise dans la monographie de la rhubarbe (Rhei radix) que la partie utilisée à des fins médicinales est constituée par les organes souterrains entiers ou coupés, séchés de Rheum palmatum ou Rheum officinale ou un mélange de deux espèces. C’est pour cela qu’on va s’intéresser dans cet article à la rhubarbe palmée.

La rhubarbe palmée (Rheum palmatum L.), appelée aussi rhubarbe médicinale, est une plante herbacée de la famille des Polygonaceae. Il s’agit d’une plante pérenne qui peut atteindre 2 m de hauteur. Ses grandes feuilles sont palmées et lobées avec des nervures saillantes et rougeâtres. Ses nombreuses fleurs sont petites et disposées en panicules serrés. Elles sont de couleur blanche, rose foncé ou pourpre. Ses fruits sont des akènes trigones ailés. Les tubercules sont volumineux, brun rougeâtre, pouvant atteindre le 5kg.

Planche botanique de rhubarbe palmée (Rheum palmatum L.)

La rhubarbe palmée est originaire des régions de l’Ouest de la Chine et du Nord du Tibet.

Quelle partie de la rhubarbe palmée utiliser ?

Les tubercules constituent le support de l’activité thérapeutique de la rhubarbe palmée. Ces tubercules doivent être récoltés à l’automne, coupés en morceaux discoïdes, puis séchés.

La partie souterraine de la rhubarbe est riche en dérivés 1,8-dihydroxyanthracéniques (2 à 5%). Ces hétérosides présentent des degrés d’oxydation différent selon l’état de la drogue (drogue fraîche ou drogue séchée): Dans la drogue fraîche, on trouve des hétérosides d’anthrone tels que les rhéinosides. Dans la drogue sèchée, destinées à être utilisée en thérapeutique, les constituants majoritaires sont les hétérosides d’anthraquinones: glucosides de l’émodol et d’aloe-émodol (60 à 80%). Il faut savoir que l’étape de séchage est primordial pour les plantes à hétérosides anthracéniques. Elle permet de transformer les dérivés hydroxyanthracénique de de la forme réduite (anthrone), qui possède une activité très violente purgative, à la forme oxydée (hydroxyanthraquinone), qui possède un effet laxatif moins violent, adapté à l’usage médicinal.

La racine de rhubarbe contient également des tanins (environ 5%) de type tanins galliques, des chromones, des phénylbutanones et des traces d’huile essentielle.

Quels sont les bienfaits de la rhubarbe palmée ?

Le tubercule de rhubarbe est un laxatif stimulant, grâce à sa richesse en dérivés hydroxyanthracéniques. Il est indiqué pour le traitement, de courte durée (ne dépasse pas une semaine), de la constipation occasionnelle.

Les formes actives sont les anthrones formées in situ au niveau du colon. Le chemin parcouru par les hétérosides anthracéniques pour enfin libérer la forme active, explique le délai d’action relativement long qui est de 8 à 12 heures. En effet, il faut prendre l’infusion de rhubarbe le soir pour trouver l’effet recherché le matin.

Les hétérosides anthracéniques agissent en augmentant le péristaltisme intestinal. Ils agissent aussi sur les mouvements de l’eau et des électrolytes en inhibant la pompe Na/K ATPasique : Ils inhibent l’absorption de l’eau, du sodium et du chlore et augmentent la sécrétion du potassium.

Comment utiliser la rhubarbe palmée ?

On utilise le tubercule de rhubarbe séché et fragmenté, par voie orale, sous forme d’une infusion. Pour préparer cette infusion, on utilise 1g de tubercule dans 150 ml d’eau, ce qui correspond à 20 ou 30 mg de dérivés hydroxyanthracéniques. On prend l’infusion une seule fois le soir. On ajuste la dose individuelle qui doit être la plus petite dose nécessaire pour produire des selles molles.

La durée de traitement ne doit pas dépasser une semaine. Habituellement, on trouve des résultats satisfaisants dès la deuxième ou la troisième prise.

Quelles précautions prendre avec la rhubarbe palmée ?

La racine de rhubarbe présente plusieurs effets indésirables. Tout d’abord, elle peut causer des réactions d’hypersensibilité (prurit, urticaire, ou érythème généralisé). En plus, elle peut provoquer des problèmes gastro-intestinaux tels que les douleurs abdominales, les spasmes et la diarrhée. Cependant, ces symptômes peuvent également se produire comme conséquence d’un surdosage. Dans un tel cas, une réduction de la dose est nécessaire. De plus, l’utilisation chronique peut provoquer une pigmentation de la muqueuse intestinale (pseudomélanose), qui diminue généralement lorsque le patient s’arrête de prendre le traitement.

Notre plante peut présenter également des troubles électrolytiques principalement l’hypokaliémie, qui nécessite un suivi très étroit. L’utilisation à long terme peut entraîner une albuminurie ou une hématurie.

L’hypokaliémie résultante de l’action à long court de la rhubarbe potentialise l’action des digitaliques et interagit avec les médicaments anti-arythmiques d’où il faut éviter l’utilisation de notre plante chez les patients qui prennent ces médicaments. De même, l’utilisation concomitante avec les produits qui augmente la perte de potassium comme les diurétiques, les corticostéroïdes et la racine de réglisse, est à éviter.

La racine de rhubarbe est contre-indiquée chez les femmes enceintes et allaitantes et les enfants de moins de 12 ans. Elle est aussi contre-indiquée en cas d’occlusions intestinales, de sténoses, d’atonie, d’appendicite, de maladies inflammatoires du côlon (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) et de douleur abdominale d’origine inconnue.

Références

1- Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC). 2020. Assessment report on Rheum palmatum L. and Rheum officinale Baillon, radix.

2- Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC). 2020. European Union herbal monograph on Rheum palmatum L. and Rheum officinale Baillon, radix

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