Muguet de Mai

Le muguet de Mai, c’est quoi ?

Le muguet de Mai (Convallaria majalis L.), appelé aussi le muguet commun, est une plante herbacée vivace de la famille de Liliaceae. Il peut atteindre jusqu’à 30 cm de hauteur. La tige n’a pas de ramification et présente à partir de sa base une gaine qui l’enveloppe. De cette gaine, se dressent deux feuilles basales, entières, de couleur vert foncé, avec de nombreuses nervures parallèles.

La floraison commence généralement au mois d’avril ou mai d’où le nom de la plante muguet de mai. D’ailleurs, la tradition en France veut qu’on offre le 1er mai un brin de muguet en guise de porte-bonheur. L’inflorescence est une grappe unilatérale, qui accompagne le mouvement penché de la tige, portée par l’unique hampe florale. Chaque grappe porte plusieurs petites fleurs blanche à la forme de clochette, qui dégagent une odeur agréable pénétrante qui rappelle l’odeur du musc d’où le nom de la plante: le muguet. Le fruit est une baie sphérique, lisse et rouge vif, qui renferme 2 à 6 graines.

Planche botanique de Muguet de Mai (Convallaria majalis L.)

Le muguet préfère les endroits humides et ombragés tels que les forêts. On le trouve à travers tout l’hémisphère Nord dans les régions tempérées fraîches en Europe, en Amérique de Nord et en Asie.

Quelle est la partie toxique du muguet de Mai ?

Toutes les parties de la plante sont toxiques notamment les fleurs et les graines. En effet, la plante entière contient des hétérosides cardiotoniques de type cardénolide, qui sont responsables de la toxicité de muguet. Les parties aériennes séchées contiennent entre 0,1 % et 0,5 % d’hétérosides cardiotoniques, qui sont représentées par une quarantaine de molécules identifiées. Parmi ces hétérosides cardiotoniques, la convallatoxine est la molécule majoritaire (jusqu’à 40% des hétérosides cardiotoniques), suivi du convalloside (jusqu’à 24%) et du convallatoxol (jusqu’à 20%).

En plus des hétérosides cardiotoniques, on trouve dans Convallaria majalis d’autres métabolites secondaires comme les saponosides stéroïdiens et les flavonoïdes. Les saponosides sont principalement présents au niveau des racines alors qu’on rencontre les flavonoïdes au niveau des fleurs.

Comment survient l’intoxication au muguet de Mai ?

Les intoxications aux muguet de Mai surviennent suite à l’identification erronée de la plante en la confondant avec l’ail des ours, qui est une espèce comestible utilisée comme légume et comme condiment. Les feuilles de l’ail des ours sont très recherchées en cuisine grâce à leur parfum, qui rappelle l’odeur de l’ail, et leur saveur délicate et sucrée. Avant la floraison, il est difficile de distinguer entre les deux plantes.

L’intoxication, notamment chez l’enfant, peut également survenir après l’ingestion accidentelle des baies rouges de la plante. Cependant, le goût amer des baies décourage l’ingestion d’une grande quantité.

Enfin, il faut savoir que le muguet de mai est une plante toxique pour les animaux. Des cas d’intoxication des chats et des chiens qui ont bu l’eau de vase de muguet ont été rapportés.

Quels sont les effets du muguet de Mai ?

Les hétérosides cardiotoniques de Convallaria majalis se lient spécifiquement et inhibent la pompe Na+/K+ ATPasique membranaire se trouvant au niveau du cœur. Ils possèdent aussi des actions au niveau du système nerveux central.

Le tableau clinique d’une intoxication au muguet de mai ressemble au tableau clinique d’un surdosage en digitaliques. Les principaux signes d’intoxication sont les troubles digestifs (nausées, vomissement et diarrhée), les manifestations nerveuses (céphalée, somnolence et troubles de la vision) et les signes cardiaques qui se manifeste principalement par des troubles de rythme cardiaque.

Puisque les hétérosides cardiotoniques possèdent une mauvaise biodisponibilité, il est rare que l’intoxication au muguet de mai soit très grave ou mortelle.

Comment prendre en charge une intoxication au muguet de Mai ?

Le traitement de l’intoxication par le muguet est empiriquement basé sur le traitement de l’intoxication par les digitaliques. La prise en charge consiste à soutenir le patient sur le plan hémodynamique. Le charbon actif s’avère très utile pour prévenir l’absorption des hétérosides cardiotoniques par l’interruption de leur cycle entéro-hépatique.

On peut administrer des fragments d’anticorps Fab spécifiques à la digoxine. Ce traitement est spécifique mais très onéreux. Il peut être utilisée dans les cas d’intoxication très grave.

Références

1- Commitee for medicinal veterinary products. (1998). Convallaria majalis summary report.

2- Atlas of Poisonous Plants in Hong Kong-A Clinical Toxicology Perspective

3- Colorado state university-GUIDE TO POISONOUS PLANTS

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