Saponosides (saponines)

Les saponosides, c’est quoi ?

Les saponosides, appelés aussi les saponines, constituent un vaste groupe d’hétérosides. Ils sont caractérisés par leurs propriétés tensio-actives. C’est pour cette propriété qui est fondée l’utilisation de certaines plantes riches en saponosides comme détergents tel que la saponaire (Saponaria officinalis L.), qui forme en contact avec l’eau une mousse savonneuse.

C’est grâce à leur structure amphiphile que les saponosides possèdent cette propriété tensio-active. En effet, Leur structure comporte deux pôles : un pôle lipophile, qui correspond à la partie génine (aglycane), qui peut être soit de nature stéroïdique, soit de nature triterpénique et un pôle hydrophile qui correspond à la partie sucrée qui est constitué par un ou deux oligosides.

Les saponosides peuvent être caractérisés par deux indices :

  • Indice hémolytique: Les saponines ont la capacité de provoquer la rupture de la membrane érythrocytaire. On met en évidence la présence de saponosides et leur abondance par leur pouvoir hémolytique.
  • Indice de mousse: Les saponines ont la capacité de former une mousse persistante. On met en évidence la présence de saponosides et leur abondance par leur pouvoir aphrogène (pouvoir moussant).

Quels sont les bienfaits des saponosides ?

Les saponosides ainsi que les plantes à saponosides possèdent plusieurs propriétés biologiques et pharmacologiques.

Plusieurs plantes à saponines se caractérisent par leur action anti-inflammatoire et anti-œdémateuse. Cette action est due à plusieurs mécanismes tels que l’inhibition de la dégradation des corticoïdes et l’interférence avec le métabolisme des médiateurs de l’inflammation.

Les saponines provoquent une irritation locale des muqueuses bronchiques  favorisant ainsi la production de sécrétions. Cet effet expectorant est utile en cas de toux grasse.

Ce même mécanisme, qui est l’irritation de muqueuses, est responsable de l’effet diurétique de certaines plantes à saponines. En effet, les saponosides par irritation de la muqueuse rénale vont favoriser la sécrétion rénale, augmentant ainsi le volume urinaire.

Les saponosides interagissent avec les stérols de la membrane cellulaire provoquant l’augmentation de la perméabilité membranaire et la mort cellulaire. Ce mécanisme de cytotoxicité  peut être à l’origine de l’action antibactérienne, antifongique, spermicide et antitumorale de plantes à saponosides.

En usage industriel, les génine de saponosides, apppelées sapogénines, tel que la diosgénine, découverte en l’année 1939, l’hécogénine, smilagénine constituent les principaux précurseurs exploités pour l’obtention par hémi-synthèse de stéroïdes produits par l’industrie pharmaceutique.

Quelles précautions prendre avec les saponosides ?

Les saponines possèdent un effet hémolytique, qui est attribué à leur interaction avec les stérols de la membrane érythrocytaire. L’interaction induit une augmentation de la perméabilité membranaire et un mouvement des ions : le sodium et l’eau entrent, la membrane éclate permettant la fuite d’hémoglobine.

A cause de cet effet hémolytique, les saponines ne doivent pas être administré par voie intraveineuse.

Comment extraire les saponosides ?

Les saponosides sont des hétérosides sont solubles dans l’eau et donc extractibles par ce solvant. On utilise préférentiellement les solutions hydroalcooliques comme solvants d’extraction.

Ou on peut trouver les saponosides ?

Les saponines sont des métabolites secondaires qui possèdent une large distribution dans le règne végétal. Généralement, on trouve les saponosides à génines stéroïdiques presque exclusivement chez les Angiospermes monocotylédones, alors qu’on trouve les saponosides à génines triterpéniques essentiellement chez les Angiospermes dicotylédones. Les saponosides peuvent être présents dans les différents organes de la plante tels que les racines, les feuilles, les graines…

Parmi les plantes les plus riches en saponosides, on note :

Les racines de Réglisse (Glycorrhiza glabra L.), Fabaceae

Les feuilles de Lierre grimpante (Hedera helix L.), Araliaceae

Les racines de Ginseng (Panax ginseng L.), Araliaceae

Le cotylédon de la graine de Marronnier d’Inde (Aesculus hippocastanum L.), Hippocastanaceae

Les feuilles de bouillon blanc (Verbascum thapsus L.), Scrophulariaceae

Les graines de Fenugrec (Trigonella faenm-graecum L.), Fabaceae

Les tubercules de Dioscorées (Discorea spp), Dioscoreaceae

Références

1- Jean Bruneton. (2009). Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales. Lavoisier. 4éd. 1292 pages.

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