Canneberge

La canneberge, c’est quoi ?

La canneberge d’Amérique (Vaccinum macrocarpon Aiton.), appelée aussi canneberge à gros fruits, est un arbuste de la famille des Ericaceae. C’est un arbuste tapissant qui couvre le sol dans les forêts humides: il possède des tiges érigées verticales et des stolons qui rampent sur le sol. Ses feuilles sont persistantes, oblongues, entières et de couleur vert foncé et deviennent bronze en hiver. Les fleurs, qui éclosent au printemps, possèdent quatre pétales roses ou rouges. Ces fleurs sont soit solitaires à l’aisselle de feuilles, soit en grappes axillaires ou terminales. En été, les fleurs vont être remplacées par des baies de forme ronde allongée et de couleur rouge plus ou moins foncée.

La canneberge est originaire de l’Est de l’Amérique de Nord. Elle est naturalisée en Grande-Bretagne, au Pays Bas et en Allemagne.

Quelle partie de la canneberge utiliser ?

Les baies de canneberge sont utilisées pour un but alimentaire et thérapeutique sous forme fraîche ou séchée, mais aussi sous forme de jus de fruit. Ces baies possèdent un gout très acidulé et astringent.

La composition chimique des baies de canneberge varie selon les cultivars, les conditions de culture et de récolte. Généralement, on trouve des sucres (saccharose, glucose, fructose …) et des acides organiques (acide citrique, acide malique …), ainsi que des vitamines (Vitamine A, Vitamine C et Vitamines B1 à B6) et des minéraux (potassium, fer, magnésium, phosphore …).

On trouve aussi des polyphénols , qui sont les métabolites secondaires responsables des actions thérapeutiques de ces baies. Parmi ces polyphénols, il y a les flavonoïdes notamment les hétérosides de kaempférol et de quercétine, les anthocyanosides notamment les hétérosides de cyanidol et de péonidol et enfin les tanins condensés, appelés aussi proanthocyanidols, qui sont responsables de l’astringence des baies.

Quels sont les bienfaits de la canneberge ?

La canneberge est utilisée en phytothérapie pour la prévention des infections urinaires. Depuis longtemps, on a pensé que le mécanisme par lequel la canneberge empêchait les bactéries de se développer était l’acidification des urines. On sait maintenant que cette hypothèse est fausse puisque plusieurs études ont montré que la consommation de baies et de jus de canneberge ne diminue pas de manière significative le pH urinaire. En effet, l’activité thérapeutique de notre plante est basée sur la présence de tanins condensés surtout de type A. Ces tanins condensés interfèrent dans l’adhésion des bactéries aux cellules épithéliales: ils se fixent sur les adhésines mannoses produites par les E. coli empêchant alors ces bactéries de se lier aux parois urinaires.

Une méta-analyse, regroupant 10 études randomisées pour un total de 1616 participants, a confirmé l’effet prophylactique de la canneberge. Dans ces études, elle a réduit le risque des infections urinaires de 38 % en moyenne.

La canneberge possède aussi une action anti-ulcéreuse par élimination d’Helicobacter pylori, la bactérie qui cause les ulcères gastriques et duodénales. En effet, les tanins condensés de la baie de canneberge peuvent inhiber la liaison spécifique de cette bactérie à la paroi de la muqueuse gastrique.

La canneberge a des bienfaits cardiovasculaires puisqu’elle permet la diminution de la tension artérielle et l’agrégation des plaquettes sanguins ainsi que l’augmentation de HDL cholestérol (le bon cholestérol).

Comment utiliser la canneberge ?

On utilise les baies de canneberge surtout pour la prévention des infections urinaires. La dose journalière doit contenir 36 mg de tanins condensés de type A, soit un équivalent de 20 à 50 g de fruits frais, soit de 300 à 600 ml de jus par jour.

Il est conseillé de faire une cure de 1 ou 2 mois renouvelables puisqu’il n’existe pas de limite maximale définie.

Quelles précautions prendre avec la canneberge ?

Les baies de canneberge ne possèdent pas d’effets indésirables. Elles ne possèdent pas également des contre-indication puisqu’elles peuvent être prises pendant la grossesse, l’allaitement et chez l’enfant.

Références

1- Boussaida Sawssen (2015). Médecine traditionnelle et phytothérapie en Tunisie: cas des infections urinaires. Thèse de doctorat en pharmacie à la Faculté de Pharmacie de Monastir.

2- Wang Ch et al. (2012). Cranberry containing products for prevention of urinary trac infections in suceptible populations: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Arch Intern Med 172 (13): 988-996.

3- Ghazala Shaheen et al. (2011).  Monograph of Vaccinium macrocarpon. Journal of Medicinal Plants Research 5 (22) : 5340-5346.

 

 

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